Québec, blanche beauté, un album sur Flickr.
Des pas sur la neige…
Québec, blanche beauté, un album sur Flickr.
Des pas sur la neige…
Balade dans la ville, silence et blancheur. Le froid mord les doigts, les joues, le nez. Tout est figé. Beauté photographique !
On dit qu’une image vaut mille mots. Je vais en mettre quelques unes pour me faire pardonner ce long silence. -25 sur Québec aujourd’hui, balade d’hiver avec mon Nikon.
On parle souvent du bout du nez, du bout des pieds, mais avez-vous déjà pensé au bout de vos doigts ? Quand ils se touchent les uns les autres c’est comme du velours qui se froisse. C’est eux qui nous permettent de sentir le glacé de la peau d’une pomme. Eux encore qui laissent passer la chaleur de la tasse de café qui dans la fraicheur du matin se rend jusqu’à l’âme.
Le bout des doigts, c’est ce qui se pose sur le clavier pour me permettent de vous écrire. Ils usent les petites lettres blanches et inévitablement ils effacent le e sur mes claviers trop utilisés. Le bout des doigts c’est ce qui appréhende la vie, comme dans prendre, dans déplacer, dans regarder avec les mains.
C’est aux bout des doigts que nous humains « civilisés » permettons le sens du toucher, sens perdu ou inconscient s’il en est un. Il est permis de voir, d’entendre, même l’intimité des autres, mais de la toucher ?
Le bout des doigts, c’est ce qui s’étend, ce qui se prolonge, ce qui va vers…
Vers l’autre, vers la peau de l’autre, ce qui sait effleurer, caresser, se poser sur, serrer, outrager même.
Le bout des doigts autant que le regard qui parfois ment, autant que la voix qui souvent masque, sait communiquer.
Ne l’oubliez pas quand subrepticement vous voyez le bout des doigts de l’autre se tendre vers vous comme un pont au-dessus de la différence.
Mais oui, je sais, les ponts sont en mauvais états par les temps qui courent.
Il pleut et je dors la tête sous l’aile. Je rêve à des jours heureux, des jours de grand soleil où ton rire raisonnait à mes oreilles. Je peux presque sentir ton bec sur mon plumage, sous mon plumage. Rien n’à faire que d’enfouir encore un peu plus profondément le bec sous l’aisselle et d’attendre le retour du soleil. Je souris presque. Il est parfois agréable de reconstruire les souvenirs …
Je m’envole d’un jour à l’autre et j’attrape les jours d’octobre où le soleil revenu teindra de rouge mon refuge. Rouge passion, rouge urgence d’une vie qui s’écoule trop vite, après tout les corneilles ne vivent que 25 ans. Dans mon envol, je croise des gens, des obstacles et des réjouissances, c’est la vie, encore la vie qui se déroule sous mon aile. Il est parfois agréable d’inventer l’avenir…
Il pleut, je replace ma tête sous mon aile droite, bien à l’abri des gouttes qui traversent le feuillage, c’est mardi au Parc des Braves…
La corneille
Entendu dans l’autobus
« Tu réalises ? Le monde entier a vu ces images ! »
Le monde entier…
A part l’Afrique qui meure de faim et n’a accès que très rarement à l’électricité
A part l’Inde où seulement les privilégiés ont accès à l’électricité
A part la Chine où après 20 heures de travail en usine pour manger…et là aussi sans électricité
A part…les gens qui vivent dans la jungle et dans les montagnes en Amérique du Sud
À part…à part…
Le monde entier vraiment madame ? !
Jeanne
10 mois, bientôt 10 mois que je suis en sabbatique. Le 29 août, cette période bénite sera terminée. 10 mois pour peindre, 10 mois pour lire, pour marcher, pour aller à la mer, pour être, pour chercher …
L’acrylique, l’huile, les bâtons d’huile, l’encre, la peinture en spray, 10 mois pour regarder ce que les autres créent, pour essayer, pour me salir, pour dessiner, pour rager de dessiner, pour arriver parfois à lâcher prise.
10 mois pour accepter. Pour accepter.
Pour accepter la peur, les larmes, la joie, les rires, la fatigue, l’enthousiasme, l’énergie,la colère, la solitude, la paix, les autres, pour m’accepter moi. 10 mois pour effacer le regard des autres, autant que faire ce peut. 10 mois pour ne pas écouter ceux qui aiment, ceux qui n’aiment pas.
10 mois pour suivre mon chemin, seule comme on l’est toujours.
Des yeux trop grands qui n’en finissent de regarder le monde avec étonnement. Des bouches trop rouges, trop grandes, trop gourmandes, des expressions farouches, sauvages. 10 mois pour mes guerrières qui spontanément sortent de mes doigts. 10 mois pour apprendre à les aimer, à comprendre, à accepter que ces femmes brouillons, vivantes, violentes font partie de moi.
10 mois pour me réconcilier…. et laisser surgir ces vulnérables, ces douces, ces méditatives, des fragiles……qui sont …
aussi moi.
L’exposition de novembre sera faite de ces toiles, de ces visages à l’encre et à la peinture en spray qui sont mes reflets, mes miroirs.